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La nouvelle réglementation de l'UE sur les exportations de déchets plastiques est entrée en vigueur fin mai.

04-06-2026

Un ensemble de nouvelles dispositions clés du règlement européen sur les transferts de déchets (RTD) est officiellement entré en vigueur le 21 mai 2026. Une transformation profonde est en cours pour le secteur mondial du recyclage, en particulier pour les entreprises qui dépendent des approvisionnements en déchets plastiques provenant de l'UE.



1. Mise en œuvre numérique obligatoire – Lancement complet du système DIWASS


À compter du 21 mai 2026, toutes les informations et tous les documents relatifs aux déchets entrant, sortant ou transportés au sein de l'UE devront être soumis et échangés par voie électronique via le système central numérique de l'UE pour les expéditions de déchets (DIWASS) ou les systèmes nationaux interconnectés. Les formalités sur support papier sont officiellement supprimées.


Il convient toutefois de noter que tous les envois de déchets ne sont pas soumis à la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (CPC). Conformément au Règlement sur les envois de déchets :

  • Les déchets destinés à l'élimination, les déchets dangereux et la plupart des déchets mixtes destinés au recyclage restent soumis à la procédure PIC, qui doit être complétée numériquement via DIWASS. 

  • En revanche, les déchets non dangereux inscrits sur la Liste verte pour le recyclage au sein de l'UE et des pays de l'OCDE ne sont soumis qu'à des exigences générales d'information : les informations de base, notamment le volume des déchets, la voie de recyclage, l'origine et la destination, doivent être soumises via le système, sans qu'il soit nécessaire d'obtenir une approbation préalable au cas par cas des autorités compétentes des pays concernés.


Conformément à la nouvelle réglementation relative à la gestion des déchets, tous les contrats de transport doivent comporter des clauses plus détaillées précisant les installations de traitement, les codes de déchets et les types d'opérations de valorisation. Les contrats existants doivent également être revus et mis à jour conformément à l'article 8 du règlement. Si cela engendre inévitablement des coûts de mise en conformité supplémentaires pour les entreprises, cela renforce considérablement la transparence de l'ensemble de la chaîne.



2. Renforcement des contrôles sur les exportations de déchets plastiques : procédures PIC et interdiction d’exportation vers les pays non membres de l’OCDE


Les nouvelles règles imposent des restrictions d'une rigueur sans précédent aux exportations de déchets plastiques. Il convient de distinguer les différentes dates d'entrée en vigueur :


  • Il convient de distinguer différentes dates d'entrée en vigueur : à compter du 21 mai 2026, toutes les soumissions de documents pour les expéditions de déchets plastiques devront être effectuées par voie électronique via le système DIWASS. Cependant, la plupart des modifications importantes apportées aux dispositions relatives à l'exportation entreront en vigueur le 21 mai 2027.

  • À compter du 21 novembre 2026, l'UE instaurera une interdiction générale des exportations de déchets plastiques non dangereux vers tous les pays non membres de l'OCDE pour une période de 30 mois, qui prendra fin le 21 mai 2029. Cette interdiction est la plus rapide et celle qui a les conséquences les plus immédiates et les plus importantes parmi toutes les mesures réglementaires actuelles.


À compter du 21 mai 2027, les procédures PIC deviendront obligatoires pour les déchets plastiques exportés vers les pays de l'OCDE, ainsi que pour les déchets plastiques non dangereux expédiés vers les pays non membres de l'OCDE autorisés. Même les déchets plastiques propres relevant de la rubrique B3011 de la Convention de Bâle, tels que les déchets broyés et les matières premières monopolymères, qui faisaient auparavant l'objet d'un commerce libre, ne pourront plus être exportés sans restriction dans le cadre du régime de la Liste verte.


Selon le Dr Huang Chuqi, PDG de Botong High-Mei Industrial Co., Ltd., suite à des échanges avec des fournisseurs espagnols et allemands, certaines entreprises estiment que lorsque leurs installations disposent des autorisations nécessaires et transforment les déchets plastiques en matières premières recyclées grâce au procédé de valorisation R3, le produit obtenu devrait être classé comme plastique en fin de vie plutôt que comme déchet. Si les autorités réglementaires adoptaient cette interprétation, cela pourrait apporter un soutien transitoire au secteur.


De plus, plusieurs usines d'Europe du Nord affirment que les granulés de plastique non utilisés, les sacs en vrac réutilisables, les rouleaux et les cordes en plastique peuvent continuer à être exportés en tant que produits finis plutôt que comme déchets, étant donné leur aptitude à être réutilisés directement dans d'autres secteurs industriels.


Le Dr Huang souligne toutefois que les critères régissant la classification des déchets non recyclables varient d'un pays à l'autre, laissant les exigences de conformité finales en attente de clarification officielle.



3. Exigences d’audit du MES : un autre seuil de conformité pour 2027


À compter du 21 mai 2027, tout exportateur de l'UE souhaitant expédier des déchets (y compris des déchets plastiques et autres déchets figurant sur la Liste verte) vers des installations situées à l'étranger, qu'elles soient ou non dans des États membres de l'OCDE, devra être en possession d'un rapport d'audit indépendant et valide, établi par un organisme tiers, attestant de la capacité de l'installation de réception à mettre en œuvre une gestion écologiquement rationnelle (GER). Ces certificats d'audit sont valables deux ans. Les expéditions ne disposant pas d'un rapport d'audit GER valide seront considérées comme illégales.


Cette exigence transfère la responsabilité substantielle aux exportateurs : les entreprises doivent non seulement garantir leur conformité interne, mais aussi attester de la performance environnementale de leurs partenaires étrangers. Les exportations doivent cesser immédiatement si l’établissement destinataire échoue à l’audit, obligeant ainsi l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement à se conformer à des normes plus strictes.



4. Progrès réalisés concernant les demandes d'autorisation d'importation pour les pays non membres de l'OCDE


Conformément au règlement relatif aux transferts de déchets, les autorités compétentes des pays non membres de l'OCDE qui souhaitent importer des déchets de l'UE doivent notifier leur intention à la Commission européenne et démontrer leur capacité à traiter ces déchets de manière écologiquement rationnelle, conformément aux annexes VIII et IX dudit règlement. Cette formalité est une condition préalable à l'obtention de l'éligibilité à recevoir des importations de déchets en provenance de l'UE.


Les juridictions non membres de l'OCDE souhaitant continuer à recevoir des envois de déchets en provenance de l'UE devaient initialement déposer leur candidature avant le 21 février 2025. À cette date, les candidatures avaient été soumises par les pays et régions administratives régionales chinoises suivants :

Bangladesh, Bosnie-Herzégovine, Égypte, Salvador, Géorgie, Hong Kong (Chine), Inde, Indonésie, Kazakhstan, Malaisie, Maurice, Moldavie, Monaco, Monténégro, Maroc, Nigéria, Macédoine du Nord, Oman, Pakistan, Philippines, Arabie saoudite, Serbie, Singapour, Sri Lanka, Taïwan (Chine), Thaïlande, Togo, Tunisie, Ukraine, Vietnam.


Par ailleurs, la République démocratique populaire lao et Andorre ont déposé leurs demandes respectives en juin et juillet 2025. Bien que déposées après la date limite prescrite, leurs demandes restent à l'étude.


Il convient de porter une attention particulière au point suivant : les pays n’ayant pas déposé de candidature avant le 21 février 2025 peuvent toujours soumettre des candidatures complémentaires à la Commission européenne, lesquelles seront examinées. Toutefois, rien ne garantit que l’évaluation de ces candidatures tardives puisse être finalisée avant l’adoption de la liste initiale des pays autorisés, prévue pour novembre 2026. Une fois la liste définitive, les exportations de déchets non dangereux vers tout pays non membre de l’OCDE n’y figurant pas seront interdites.


Ce calendrier est crucial pour le secteur : novembre 2026 marque à la fois l’entrée en vigueur de l’interdiction d’exporter les déchets plastiques non dangereux et la publication de la première liste de pays autorisés. À l’avenir, seuls les pays non membres de l’OCDE figurant sur cette liste pourront continuer à recevoir des déchets non dangereux (y compris les déchets plastiques approuvés) en provenance de l’UE. Les 32 pays candidats et les juridictions régionales chinoises font actuellement l’objet d’une évaluation par la Commission européenne, dont les conclusions auront une incidence directe sur les flux futurs de déchets plastiques.



5. Données sectorielles et paysage des exportations


D'après les dernières statistiques de recherche pour 2025 : l'Allemagne se classe au premier rang mondial des exportateurs de déchets plastiques, avec un volume annuel de 810 000 tonnes. Le Royaume-Uni arrive en deuxième position avec 675 000 tonnes, un niveau jamais atteint depuis huit ans. Les exportations totales de déchets plastiques de l'UE s'élevaient à 1,5 million de tonnes en 2025, dont la moitié était destinée à des pays non membres de l'OCDE.

Les exportations mensuelles de déchets plastiques de l'UE vers les pays non membres de l'OCDE sont passées d'une moyenne de 39,6 millions de kilogrammes en 2021 à 45 millions de kilogrammes par mois en décembre 2025, soit l'équivalent de 280 conteneurs maritimes par jour. Parmi les principaux pays de destination figurent la Turquie (actuellement premier importateur), la Malaisie, l'Indonésie et le Vietnam.

The EU’s new regulations on waste plastic exports took effect at the end of May.

Ces chiffres soulignent les conséquences considérables de l'interdiction à venir : des millions de tonnes de déchets plastiques de faible qualité devront chaque année être traitées au sein de l'UE ou réacheminées vers un petit nombre de pays non membres de l'OCDE autorisés.



6. Perspectives du secteur : difficultés de croissance à court terme et transformation à long terme


Outre les modifications apportées au règlement relatif aux transferts de déchets (RTD), la Commission européenne a finalisé les règles d'application régissant le calcul, la vérification et la déclaration de la teneur en plastique recyclé des bouteilles de boissons en plastique à usage unique. Deux mesures clés de ces règles vont profondément transformer à long terme le paysage mondial du recyclage des déchets plastiques. Premièrement, les technologies de recyclage chimique sont officiellement reconnues, mais soumises à des critères réglementaires stricts. Deuxièmement, une période transitoire de trois ans, assortie de seuils d'entrée protecteurs, est instaurée pour les matières premières recyclées provenant de pays hors UE.


Globalement, la stratégie de l'UE est devenue de plus en plus claire : supporter les difficultés de transition à court terme, limiter les exportations de déchets et orienter les investissements vers le recyclage chimique à moyen terme, et construire un marché en boucle fermée grâce à la certification et aux règles de bilan massique à long terme, tout en protégeant son industrie nationale de recyclage des plastiques par des périodes de grâce transitoires.


Néanmoins, les perturbations du marché, l'inflation des coûts et les ruptures des chaînes d'approvisionnement sont quasi inévitables durant la phase de transition. Pour l'industrie mondiale du recyclage, cela représente à la fois un défi de taille et une opportunité de restructuration et de modernisation afin d'atteindre des normes opérationnelles plus élevées. Les flux commerciaux mondiaux de déchets plastiques vont connaître une restructuration radicale au cours des deux prochaines années. Seules les entreprises qui s'aligneront proactivement sur les nouvelles normes réglementaires de l'UE, obtiendront les autorisations d'importation officielles ou les certifications requises pourront survivre dans ce contexte commercial profondément transformé.




Références sources : Commission européenne, Fukutomi Gazette, Euronews, etc.

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